QUELQUES INFORMATIONS UTILES :
Allemagne - 2012-2017 - longueur : 4.077 m - ,

Ford B-MAX

Je suis satisfait de mes soins

- post du 16 Jan 2020 -

Vous le savez si vous lisez mes posts; j’aime beaucoup le segment sinistré des minispaces, je sais je suis bizarre :) Alors on va retourner en plein dedans aujourd’hui. Rembobinons nos vies jusqu’en 2012, avec une petite mise en situation. Opel et son Meriva 2 peine à convaincre après une première génération qui a rencontré le succès, Citroën cannibalise le (petit) marché avec le C3 Picasso, Nissan ramasse des miettes avec le Note, et Renault arrête les frais de son Modus. Bref ce n’est pas la méga fête et c’est pourtant le moment que choisit Ford pour se lancer dans l’aventure à son tour avec un dérivé de la Fiesta. Voici donc le petit bébé de la famille des monospaces « #-MAX » : le B-MAX, à ne pas confondre avec Baymax, même si les deux sont très sympathiques ;)

Les designers de Ford Europe ont bien joué le coup en réussissant à extrapoler la Fiesta VI, qui plait beaucoup, en un monovolume équilibré et qui évite tous les défauts inhérents au segment. Malgré le gain en hauteur, le B-MAX ne semble pas haut sur pattes du tout par exemple. Quand d’autres sont patauds (Meriva 2 si tu nous entends…), le Ford est agressif, et équipé des jantes 17″ 5×2 branches façon ST et du becquet optionnels, on irait presque jusqu’à sportif ! La face avant possède la fameuse grande bouche dite « Aston-Martin » par les grincheux, tandis que les grands phares effilés donnent un regard espiègle au petit B-MAX. La ceinture de caisse reste raisonnable et les flancs sont bien marqués par les passages de roues. A noter sur les ailes arrière : les rails laissent entrevoir que les portière sont coulissantes, un des grands plus que le petit monospace emprunte aux grands 7 places et autre ludospaces, mais ici sans le côté camionnette. De dos, la Ford est plus passe-partout avec un style sans fioriture, simple, efficace avec ses grands feux horizontaux débordants sur les côtés, et le bas de bouclier central en plastique atteste du début de la mode des faux-diffuseurs (qui va bien trop loin désormais). Parmi les coloris proposés au lancement, il y a la peinture optionnelle de présentation appelée Burnished Glow, un marron métallisé franchement pas dégueu ;p Pendant les 5 ans d’existence du modèle, aucune modification esthétique n’intervient, seule la finition Color Edition arrive en fin de carrière avec jantes (16″) et toit noirs.

Avec ses portières arrière coulissantes il est très facile de monter dans le B-MAX, d’autant que, autre spécificité du modèle, Ford réalise l’exploit de supprimer le pied milieu (en renforçant la structure de la caisse) ! L’accueil de 5 personnes se fait facilement, même si la place centrale arrière est à réserver à un enfant, comme d’hab dans nos petites voitures. L’habitabilité générale est clairement un point fort avec un super espace, très lumineux, même sans opter pour le toit fixe panoramique (option bien entendu). L’équipement est comme souvent chez Ford très complet, très tôt dans la gamme, on en a largement pour son argent et le petit B-MAX innove même en étant la première « small car » à proposer l’active city brake, freinage d’urgence automatique en ville. Par contre, il reprend également grosso-modo la planche de bord de la Fiesta et son gros manque d’ergonomie. Il y a bien trop de boutons et les grosses ventilations verticales Star Wars sont peu chatoyantes. Niveau qualitatif, c’est du Ford, avec du bon dans certains matériaux et dans l’ajustement, et du quelconque sur les parties moins voyantes. Pour les rangements, dans l’habitacle on est loin d’un C3 Picasso, mais, même s’il manque une banquette coulissante, le coffre est quant à lui suffisant avec 318l. Enfin dernier petit détail spécial parents, il y a près du rétro intérieur, un deuxième miroir pour observer les enfants qui font les foufous ou qui vomissent à l’arrière.

Techniquement, le B-MAX repose sur la plateforme convaincante de la Fiesta, et profite ainsi d’un comportement dynamique, même si le roulis est forcément un peu plus prononcé que sur la citadine. La conduite est avenante, confortable, et sans défaut particulier. La direction est incisive et le poids de 1280 Kg est facilement mené par les différentes motorisations. Pour le diesel, un 1.5 TDCi de 75 ch ouvre la gamme, accompagné au lancement par le vieux 1.6 de 95 ch. Plus tard, c’est une déclinaison du premier, avec la puissance du second qui se positionne en deuxième choix. Pour les essences, il faut tout de suite oublier l’ancien 1400 Duratec de 90 ch, et le gourmand 1.6 Ti-VCT atmosphérique de 105 ch, le seul à être associé à la boite robotisée PowerShift 6 rapports. Le moteur vers lequel se tourner est le fameux 3 cylindres EcoBoost 1.0, dispo en 100, 120/125 et même en fin de carrière 140 ch ! Ce dernier étant pour moi le meilleur moteur qu’il m’ait été donné de conduire (et pourtant j’ai aussi conduis du gros), avec un agrément permanent, une puissance suffisante, un bruit amusant et une consommation raisonnable. Pour le B-MAX, le 125 ch est parfaitement en accord avec le véhicule et appuie son côté dynamique sans trop en faire. Notons que toutes les boites manuelles sont à 5 rapports.

Pour conclure, il y a deux sons de cloche : d’un côté celui qui met en avant les qualités de la voiture, remplissant parfaitement son rôle de petite familiale, innovante avec ses portes arrière et son absence de pied milieu, dynamique avec son châssis joueur et son moteur 3 cylindres, et d’un autre côté celui de la réalité du marché… Le B-MAX arrive trop tard, dans un segment qui peine à séduire, et donc se vend mal. Sa carrière est stoppée en 2017 et le petit monospace est aujourd’hui une jolie affaire sur le marché de l’occasion. D’ailleurs je songe sérieusement à troquer ma « grosse » Civic pour un petit Ford… Réflexion en cours !

Ma rencontre avec le B-MAX.
Lors de la sortie du petit monospace Ford, je travaillais alors en agence de communication, ayant comme client principal la marque à l’ovale. En juillet 2012, l’équipe avait eu la chance d’aller découvrir le nouveau venu au siège social français où nous attendait un exemplaire flambant neuf, avec son immatriculation allemande, sa fameuse peinture de présentation Burnished Glow et …un bloc TDCi sous le capot (hérésie). J’avais beaucoup apprécié cet agréable moment et les photos accompagnant cet article ont été prises ce jour-là.

Ford B-MAX

Le style du B-MAX est réussi avec son air de grosse Fiesta VI, surtout chaussé des jantes 17'' typées ST. Agressif, il joue la différence par rapport à ses concurrents plus patauds

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