QUELQUES INFORMATIONS UTILES :
France - 1980-1982 - longueur : 3.664 m - ,

Renault 5 Turbo

Renault 5 VS Kim Kardashian

- post du 11 Nov 2015 -

1976, la gamme Renault 5 est bien en place et la petite citadine poursuit une très belle carrière entamée 4 ans auparavant. Pourtant, cette année là, dans la tête de Jean Terramorsi travaillant alors à la direction des produits, germe l’idée d’une version exclusive, venant coiffer la gamme et permettant un engagement de la 5 en compétition. Les idées directrices sont simples : moteur central turbocompressé, la grande spécialité du losange, et physique bestial. Terramorsi décède malheureusement cette même année, mais malgré tout, en 1978 au salon de Paris, le premier prototype explose la rétine des visiteurs… Le mythe Renault 5 Turbo est en marche. En 1980, les tests sont terminés et la voiture est envoyée en concession, aujourd’hui, détaillons-la ensemble.

Tout d’abord, voici une petite réflexion personnelle :) J’estime que la Renault 5 Turbo est tout simplement la version automobile de Kim Kardashian ! Je m’explique… Rien qu’en la regardant on sait qu’elle est capricieuse, qu’elle va nous en demander beaucoup et nous poser des tas de problèmes (n’est-ce pas Kanye ?). Son physique (trop) tape-à-l’œil, un rien(…) vulgaire et son popotin aguicheur devraient nous mettre la puce à l’oreille, et pourtant… Kim et la R5 sont pareilles pour nous, faibles-hommes : attirantes…

Comparez la Turbo à une 5 normale, elles n’ont rien en commun ou presque. Certes la coque est bien celle de la petite citadine construite à Flins, mais elle est allongée de 5cm chez Heulliez, qui installe aussi un toit et des portières en aluminium. Ensuite, tout se termine chez Alpine à Dieppe, avec, pour la carrosserie, la mise en place des ailes avant larges, des ailes arrière EXTRA-larges et fortement aérés, et du capot spécifique, le tout en polyester pour économiser sur le poids. la calandre est plus haute que la normale, le logo plus petit, et l’immense bouclier avant contient clignotants et antibrouillards. Sur le côté, le bas de caisse relie les ailes entres-elles et sur la portière, un stickers prévient les véhicules voisins : TURBO. Les ailes arrière sont un spectacle à elles-seules. Elle y sont pour beaucoup dans le mythe R5 Turbo, avec des aérations d’un côté comme de l’autre et créent sûrement le plus beau « fessier » automobile ;) Depuis les montants du pare-brise jusqu’à l’arrière de la voiture, la gouttière est recouverte de plastique, créant un petit spoiler au dessus du hayon. Hayon qui pourrait être semblable à toute Renault 5, s’il n’était maqué du monogramme Turbo, et d’un sticker… TURBO, sur la vitre arrière. En bas du bouclier, une zone d’aération pseudo artisanale termine la bête, avec la sortie d’échappement à gauche. Terminons avec de petits détails : la Turbo ne possède qu’un seul rétro côté conducteur, des magnifiques jantes larges style « turbine », et n’est proposée qu’en deux couleurs en 80 et 81 : Rouge Grenade et Bleu Olympe. Il faut attendre sa dernière années de production pour voir arriver d’autre coloris : blanc, gris et noir, et des portes en acier à la place de l’alu.

L’habitacle d’une R5 Turbo est le sommet de la kitchitude de la fin des années 70. Les voitures rouges ont un intérieur rouge mais une moquette bleue. Pour les version bleues, c’est inverse, et tout ça, ça flash un max ! Les 2 sièges Bertone semblent tout droit sortis de Star Trek, et face au pilote on trouve un des poste de conduite les plus bizarre qu’il existe sur une voiture de série. Tout d’abord, le volant : à deux branches en angle droit, avec un trou sur la partie horizontale, et un ovale coloré central… Difficile de faire plus étrange, pourtant il suffit d’essayer de suivre les compteurs illisibles encastrés au fond de blocs gris empilés… Et pour faciliter le tout, les écritures et aiguilles sont… oranges ! Petit cadeau pour le possesseur : la plaque numérotée, et oui c’est une voiture exclusive ! Bon, autant le dire tout de suite, il n’y a pas d’éléments de confort bien entendu, pas de coffre sous le capot avant, et juste un semblant de petit rangement placé après le moteur qui est votre compagnon de voyage au propre comme au figuré. Il faut dire qu’un moteur, juste derrière les sièges, avec une fine cloison, le tout dans une caisse des années 70/80, c’est comme conduire depuis l’intérieur du capot. Conseil : roulez vitres ouvertes pour éviter les nausées dues aux émanations d’essence et autre fluides, et aussi pour ne pas rester dans un sauna permanent.

Techniquement, faute de budget, Renault bricole mais fait ça bien. Sur le châssis étonnamment efficace, les voies sont hyper élargies, les suspensions sont à double-triangulation superposées et le freinage est assuré par des disques ventilés à l’avant ET à l’arrière. Pour le moteur en position centrale arrière, juste derrière les sièges, après plusieurs idées plus ou moins farfelues, c’est le bon vieux Cléon-fonte 4 cylindres de 1400cm3, increvable, et gavé par un turbo Garrett T3 qui est installé. Ainsi équipé, il délivre 160 ch aux roues arrières via une boite manuelle 5 rapports, de quoi propulser les 950 kg de la version « stadale » à 200 Km/h en pointe. Mais attention, les pneus ont beau être larges et la Renault coller fortement au pavé, l’effet turbo peut s’avérer violent, et les coups de bottes aux fesses surprises pouvant envoyer le conducteur « de base » au tas ne sont pas rares. Souvent imprévisible, pour tirer la quintessence de cette auto, il faut la « piloter », à la limite s’il vous plait, et ne pas avoir froid aux yeux.

La Renault 5 Turbo reste à tout jamais un mythe, de par ses exploits en rallyes, mais aussi par cette version route, unique en son genre, bestiale, violente, et diablement attachante. Beaucoup ont essayé de reprendre la recette à leur compte, avec plus ou moins de succès, mais il faut attendre la Clio V6 pour voir une véritable descendante à la Turbo, par Renault qui plus est ! Aujourd’hui, une véritable R5 Turbo est une pièce de musée mais qui mérite de se dégourdir les pattes le plus souvent possible, et pour le nombre d’exemplaires, les sources Renault officielles parlent de 1690 véhicules avec la moitié en 1980 mais sous l’AM 81, et le reste sur 81 et 82.

Turbo 2 : Mass Effect
En 1983, la Turbo devient Turbo 2, et devient également plus accessible car moins chère. L’intérieur trop bizarre et trop coûteux à produire est remplacé par celui de la R5 Alpine Turbo, la voiture gagne 30 kg au passage mais perd 15 000 Fr (5 000 € d’aujourd’hui) sur la facture. Jusqu’en 1986, la Turbo 2 est produite à un peu plus de 3000 exemplaires, d’où son aspect plus commercial que la « vraie » Turbo. Elle n’en reste pas moins également une bête, avec les mêmes qualités, quelques défauts et la rareté en moins.

Renault 5 Turbo

La paisible Renault 5 enfile en 1980 un sacré costume, celui d'un monstre de la route, à la ville comme sur les spéciales de rallye

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