QUELQUES INFORMATIONS UTILES :
France - 1993 - longueur : 3.710 m - ,

Renault Clio Williams

Renault dine avec Williams

- post du 23 Mar 2020 -

La Renault Clio remplace avantageusement la Supercinq en 1990 et elle fête donc ses 30 ans cette année. Pour lui rendre un petit hommage bien mérité, on va se pencher sur sa version la plus collector de la première génération. 3 ans après l’arrivée de la citadine, la marque souhaite l’engager officiellement en rallye Groupe A et il faut donc mettre un moteur 2.0l sous le capot de la Clio. Pour se faire, et pour être sur de vendre les 2500 exemplaires d’homologation, la Régie Renault prend la performante 16S, gonfle son moteur, emballe le tout dans un joli papier cadeau, et lui colle le nom du partenaire en F1 pour surfer sur les succès du moment. Le mythe Renault Clio Williams est née.

La style de la Clio fait un gros pas en avant après la Supercinq qui était une « simple » évolution de la R5. Bien dessinée, Renault n’a aucun mal à la rendre désirable en faisant faire une petite séance de musculation à la version 3 portes sur la sportive 16S. Les ailes avant et arrière sont gonflées, le capot prend un bosselage asymétrique agrémenté d’une aération, et le bouclier avant intégrant les antibrouillards est bien aéré. Notre Williams reprend ce physique avantageux et ajoute juste ce qu’il faut pour se différencier. Le plus visible, et qui fait toute la différence, c’est la couleur exclusive Bleu Sport n°449 reprise de la Supercinq GT Turbo Alain Oreille (un autre collector), et les jantes Speedline dorées et au rebord argenté, mais toujours en 15″. Un peu plus basse que la 16S, la Williams porte son nom un peu partout : ailes arrière et hayon, et sa cylindrée de 2.0l est notifiée à côté des répétiteurs de clignotants. Voilà c’est tout, sobre et efficace, la combinaison bleu et or est immédiatement reconnaissable et fait mouche auprès de tous les fanas de sport auto de France et de Navarre.

A l’intérieur de la Clio, c’est sportif et confortable à la fois, mais la finition bric-à-brac des Renault de l’époque est encore là. Il faut donc passer outre les plastiques durs à gogo et les ajustements à la va-comme-je-te-pousse, pour profiter d’un bel espace. Une fois abstraction faite de la qualité, on n’est pas déçu : compteurs à fond bleu dans une instrumentation complète, volant trois branches qui va bien, ceintures de sécurité bleues et levier de vitesse de la même couleur qui tombe bien sous la paume droite. Les sièges sont enveloppants, ce sont de confortables baquets extraits de la R19 16S et siglés du W de Williams. Pour l’équipement, c’est le haut du chapeau de la gamme Clio, avec les vitres électriques, la fermeture centralisée ou encore la direction assistée. Le top de Renault dans les années 90. Il ne faut pas oublier LA différence : la petite plaque numérotée en laiton sur la console centrale, présent uniquement sur les phases 1 de 1993. Un petit mot sur le coffre : il reste identique à une Clio 3 portes normale avec 265 litres, la Williams reste très polyvalente.

Pour la partie technique, on l’a dit, la Williams est légèrement plus basse que la 16S. Les suspensions sont retravaillées et raffermies, et le train avant est extrait de la version Cup, lui-même dérivé de celui de la Renault 19 16S, pour bien faire passer la puissance au sol. Et cette puissance, ce sont 150 braves chevaux extraits du moteur F16 ie dont la cylindrée est augmentée de 1.8l à 2.0l, spécifiquement pour l’homologation Groupe A. La boite reste manuelle à 5 rapports avec un étagement court sur les 4 premiers. Enfin le freinage est très bien assuré par 4 disques, notamment grâce au poids contenu de 990 kg. Le comportement routier est exemplaire avec un châssis aux petits oignons qui encaisse absolument tout sans sourcilier, un couple présent rapidement malgré la zone rouge placée plus tôt que sur la 16S, la Williams pousse fort, lève la patte comme une GTI, et n’est jamais piégeuse. Quelques chiffres qui font plaisir : 215 km/h en pointe, 0 à 100 en 7.8″, bref du très bon pour une citadine sportive, encore aujourd’hui. Petite anecdote, ce moteur survivra à la Clio et ira se greffer sous le capot de la Megane et du Spider Renault.

La Clio Williams gagne ses gallons de collector dès sa sortie et Renault doit remettre le couvert avec une intégration à la gamme restylée de 1994 à 1996, mais sans la numérotation. Combien ont la plaque ? Les 3800 premières c’est sûr, après il y en aurait quelques autres, donc arrondissons à 4000. De toute façon, aujourd’hui, une belle Williams, même phase 2, c’est 30 000 € et avec ou sans numéro, le plaisir est le même.

Renault Clio Williams

La Williams Renault de Nigel Mansell accompagne la présentation de la version 2.0l de la Clio portant le patronyme de Sir Frank Williams

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